Photo credits: Undrey

Le gouvernement portugais a publié son ‘Livre vert sur l’avenir du travail’ qui fixe des priorités pour la réglementation du marché du travail, y compris par l'adoption de mesures en vertu desquelles les employeurs devraient proposer automatiquement à leurs salariés le travail à distance et le travail hybride.

Le télétravail a connu un soudain regain d'intérêt en raison des mesures mises en œuvre pour protéger les personnes contre le Covid-19. En un an, le pourcentage de salariés travaillant au moins occasionnellement à domicile a grimpé de 11 à 48 % en Europe. Il apparaît de plus en plus que le télétravail ne redescendra probablement pas aux niveaux d'avant la pandémie, mais qu'il devrait plutôt s'imposer. Selon Stefano Scarpetta, directeur de la Direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales de l'OCDE, la pandémie a démontré que "de nombreux emplois peuvent être pratiqués à domicile" et que les entreprises "disposaient de travailleurs qualifiés" pour le faire. De fait, 80% des employeurs européens  exigent ou envisagent d'exiger que davantage d'employés travaillent à distance.

Aujourd'hui, des questions se posent concernant les règles que les employeurs sont légalement tenus de respecter pour adapter le travail flexible dans le monde de l'après-Covid. Le Portugal a ouvert la voie en la matière, avec la publication de son "Livre vert sur l'avenir du travail". Ce document, préparé depuis septembre de l'année dernière, entend réglementer les nouveaux modes de travail et répondre aux défis posés par la classification des relations de travail, notamment dans le cas des plateformes numériques et du télétravail. Entre autres nombreuses propositions, le document évoque des mesures selon lesquelles les employeurs devraient automatiquement proposer le travail à distance et le travail hybride. Le Livre vert souligne l'importance d'améliorer la réglementation et d'élargir l'éventail des situations dans lesquelles le droit au télétravail doit être préservé. Le document entend mettre en évidence le rôle potentiel du télétravail pour le développement territorial intégré grâce à la création d'emplois à distance dans les régions à faible densité de population.  

Mais le Portugal n'est pas le premier pays à vouloir inscrire le télétravail comme un droit. Au Royaume-Uni, selon certaines sources, des ministres étudieraient des propositions visant à offrir à des millions de travailleurs le choix de continuer à pratiquer le télétravail après la fin des restrictions imposées par la lutte contre le Covid-19. De même, l'Irlande est également devenue un lieu privilégié pour les travailleurs à distance, depuis que son gouvernement a fait part de son intention de rendre le travail hybride possible dans tous les secteurs concernés. Le secrétaire d'État adjoint au travail du Portugal, Miguel Cabrita, a encouragé les pays de l'UE à agir rapidement pour réglementer le travail à distance, en soulignant qu'une action rapide permettrait de maximiser les opportunités et de minimiser les risques.

Subscribe to our newsletters → here